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apocalyptique où les machines ont pris le pouvoir, ressentez toute la détresse d’un homme quand son chat maléfique a décidé de
l’empêcher de dormir, et bien d’autres choses encore !
— Alors, c’est votre première fois ?
Avec Ava, nous nous contentons d’un signe positif de la tête. L’avion que nous allons prendre vient de se dévoiler derrière la façade en tôle du hangar, et nous sommes trop assommés pour bredouiller une réponse. Un Cessna à hélice. Crasseux, déglingué, abîmé. Qui a probablement eu son heure de gloire contre les bombardiers de la Luftwaffe en 40. Que l’on ne voit que dans les films, comme Indiana Jones, où l’on est obligé de se jeter dans le vide avec un bateau pneumatique car il n’y a plus de parachutes.
Je fixe Ava, il est encore temps de renoncer. Daniel, son collègue de travail, accessoirement pilote du dimanche, nous invite à nous approcher. Et plus j’avance, plus l’angoisse étreint mon estomac. Les ailes ont l’air d’avoir été découpées dans du carton souple, la carlingue assemblée avec du papier toilette (triple épaisseur) et l’hélice fondue en caoutchouc mou.
Pendant que Daniel effectue les vérifications d’usage, je fais le tour du piteux appareil. Qu’aurait fait Indiana Jones dans ce cas ? Bof, il s’en serait moqué, il aurait grimpé en lançant un dernier sarcasme à ses poursuivants et leur aurait claqué la porte au nez. Puis il se serait installé à l’arrière et aurait fait une sieste, le chapeau devant les yeux.
— C’est bon, on peut y aller.
Une secousse électrisée assaille ma colonne vertébrale. On pénètre dans l’habitacle. Rudimentaire, comme le reste. Je boucle ma ceinture. Je me demande d’ailleurs à quoi ça sert. Daniel inspecte sa check-liste, puis allume le moteur. Un bruit pire que dans les films d’Indiana Jones, une sorte de clameur toussotante et hésitante, qui n’ajoute rien à mon courage.
On s’engage sur le tarmac. Il y a deux avions devant nous, on doit attendre le feu vert de la tour de contrôle.
Ava a l’air plus détendue, à présent. Elle agrippe son appareil photo et se prépare à mitrailler. J’inspire profondément.
L’autorisation de décollage grésille froidement dans les casques. Daniel enfonce les manettes, nous prenons de la vitesse. Le moteur fait un bruit de dingue, comme s’il n’arrivait pas à fournir la puissance demandée. Ma main est crispée sur mon siège. Il en met du temps pour s’envoler…
Après un effort surhumain, la caisse à savon parvient enfin à s’extirper de l’attraction terrestre. Mais elle reste sensible aux trous d’air, nombreux. On a l’impression de tomber sur plusieurs dizaines de mètres à chaque cahot. 2000 pieds d’altitude, 150 km/h, 142 litres de carburant inflammable, 15% de chance de survie…
Ava profite du spectacle. J’agonise. Je fouille l’habitacle du regard , à la recherche de parachutes. Je n’en trouve aucun. Quand je demande à Daniel, il me rit au nez.
— Un parachute ? Tu as vu à la hauteur qu’on est ? Ça te servirait à rien.
Tout cela ne me dit rien qui vaille. Je poursuis mon examen.
— Mais il n’y a pas de parachutes, il te l’a déjà dit, me fait remarquer Ava.
Je réfléchis un instant, puis je me cale dans mon siège. Non, je ne vais pas lui avouer que je cherchais un bateau gonflable…
Petite info supplémentaire : Je pense que vous aurez aperçu le widget plutôt massif (et encore vide) en bas du blog, et intitulé « Boutique de J. Heska ». Je vous explique tout ça dans la prochaine note ;-)