Première visite ?


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Cliquez ici pour voir comment le méchant Docteur House m’a traité lors d’une consultation, assistez à la fin de Super-Grosse contre Nutellor, faites un bond dans un futur apocalyptique où les machines ont pris le pouvoir, ressentez toute la détresse d’un homme quand son chat maléfique a décidé de l’empêcher de dormir, et bien d’autres choses encore !

 

 

Moi !



Je suis écrivain. Enfin, pas vraiment, parce que je n’ai pas encore réussi à publier. Je suis un non écrivain, et ce blog ne contient absolument pas : des critiques littéraires, des conseils pour mieux écrire, des analyses sur le milieu de l’édition et des pensées philosophiques sur l’art d’écrire, mais simplement les aventures extraordinairement banales d’un terrien comme les autres !

Ah oui, tous les textes ici ne sont pas libres de droit. Si vous voulez en faire quelque-chose, il faut me contacter.

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— Je comprends pas. J’ai des plaques rouges qui apparaissent de temps en temps sur ma main. Le matin quand je me réveille. Et ça me gratte. Et ça disparaît le lendemain. Et d’autres fois, j’ai rien. Mais ça me gêne, parce que ça se voit pas mal en journée.

Je présente ma main au médecin, qui se contente de hausser les sourcils sans même regarder. Il baille bruyamment, puis, il se met à jouer avec sa canne en fixant le sol d’un air vague. Je louche sur son badge accroché à sa chemise pas très propre et mal repassée. Un certain Dr House. Il ne porte pas de blouse. Est-ce qu’il est médecin, au moins ?


    
     — Dites-moi, êtes-vous un époux attentionné ?

Je fais une grimace. Qu’est-ce qu’il raconte ?

— Ben... je ne suis pas marié.

— Enfin, un beau jeune homme comme vous doit au moins avoir une copine ?

— Euh oui… Mais pourquoi est-ce que vous me posez cette…

— Vous lui apportez des fleurs, vous l’invitez au restaurant, vous lui proposez des balades au clair de lune ? Ou moins romantique, vous passez l’aspirateur, faites la poussière, descendez les poubelles, nettoyez la cuvette des WC pendant qu’elle regarde la télé ?

— Pas pendant qu’elle regarde la télé… Mais on fait cinquante cinqua…

Je n’ai pas le temps d’achever ma pénible explication qu’un médecin surgit brusquement dans la salle d’examen. Il fait plus propre que ce House, dans sa belle blouse blanche. Il est assez jeune, il a une longue tignasse blonde. Quand il m’aperçoit, il se fige.

— Désolé, je pensais que vous étiez seul…

House se retourne, l’air à peine étonné. Il retire une sucette de sa poche. Il déchire l’emballage et se met à mâchouiller.

— Quoi ? Un bon médecin ne doit-il pas faire des consultations ?

L’autre fait une moue et s’approche.

— Nous avons un problème. Les constantes de la gymnaste se sont effondrées quand nous avons administré l’acétaminophène. Ce n’est pas un lup…

— Docteur Chase, ne voyez-vous donc pas que je suis actuellement en train d’ausculter un patient ? Revenez plus tard.

Il se penche vers moi.

— Excusez-le, il n’a jamais appris les bonnes manières. Ils sont comme ça, les gosses de riches, aucune éducation.

Je souris maladroitement, ne sachant trop comment réagir. Le Dr Chase ne s’en va pas, au contraire. Il se plante sur place et est bientôt rejoint par deux autres personnes, une femme, et un noir, eux aussi assez jeunes. Décidément, on entre comme dans un moulin dans cette salle de consultation. Heureusement que House ne m’a pas fait enlever mon pantalon.

— House, la gymnaste est en insuffisance respiratoire, il faut que vous veniez immédiatement.

— Docteur Cameron, nous avons ici un cas intéressant de vasodilatation locale. Votre diagnostic.

Il agrippe ma main et la montre sans ménagement à la jeune femme.

— Nous n’avons pas le temps de nous occuper de cela, la patiente est dans une situa…

— Merci Docteur Cameron. Mais il est trop tôt pour établir un diagnostic différentiel. Foreman ? Une idée ?

Le noir à l’air blasé se met à souffler bruyamment.

— Il peut y avoir des centaines de causes, récite-t-il d’un ton monocorde, visiblement résigné. Eczéma, engelure, gale, psoriasis, acrocyanose, pasteurellose, voire syphilis.

Je fais une grimace. La syphilis pour une rougeur à la main... House me fixe avec un rictus.

— Alors ? On a fait un peu trop mumuse ces derniers temps ?

— Non !

— Vous avez entendu Foreman, on laisse tomber la syphilis. Chase ? Une idée ? Bien sûr qu’il a une idée, il a en a toujours une.

Le blond ne relève pas la remarque de House, et me regarde droit dans les yeux, l’air tout aussi blasé.

— Est-ce que votre plaie est purulente ? Démangeaisons ? Avez-vous constaté d’autres symptômes ? Trouble de la vision ?

— Hé, c’est de la triche ! Je n’ai pas dit qu’on avait le droit de parler au patient !

— House, ses poumons lâchent, s’impatiente la jeune femme. Venez !

— Bien sûr, dès que nous aurons réglé ce problème médical d’importance.

Je ne sais pas trop ce qui est en train de se passer. Je suis un peu mal à l’aise.

— Euh... Je peux m’en aller si vous voulez ? Ou revenir plus tard…

— Mais pas du tout, restez ! Montrez-moi cette vilaine rougeur. Est-ce que ça vous gratouille ou ça vous chatouille ?

— Euh... Ben ça me gratte, plutôt...

— Alors, aucune idée ? Vous n’allez pas laisser gagner le lèche-botte quand même ?

Il désigne d’un mouvement de tête le blondinet. Pas très sympa pour lui.

— Si c’est pour nous prouver que nous ne pouvons pas nous passer de vous, dans ce cas, vous avez gagné. Venez, maintenant. Ou vous devrez expliquer à Cuddy pourquoi on l’a perdue.

House fait une moue, considère un instant ses assistants, puis pose son stéthoscope sur la table et sort sa sucette de sa bouche. Il me la tend, je l’attrape sans réfléchir. Il se lève et s’en va.

— Et moi ?  

— Dites à votre copine de faire la vaisselle, à présent. Quand on a une peau délicate comme la vôtre, il faut en prendre soin.

Je regarde mes mains. Je relève la tête. Ils sont tous partis. Je suis seul dans la salle d’examen, avec ma sucette.

Je me sens un peu con…

 

Je referme la porte de l’appartement. Ava est déjà à la maison, elle m’attendait.

— Alors, tu es allé à l’hôpital ? Tu as vu un docteur ?

— Oui. Le docteur House, un gros con…

— Ah... ben... d’accord...

— Je fais une allergie au liquide vaisselle. Je suis privé de cet incroyable bonheur jusqu’à la fin de ma vie...

Elle réfléchit un instant.

— On va plutôt t’acheter un gant...

 

Publié dans : Mes petits délires ;-)
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